TENIR LE COU TENIR LE COUP

14 avril 2009

28 janvier, 2009 par coupdulapin

26 décembre 2008 :

Juste parce que je ressors d’une énième visite chez un médecin expert et que ça suffit!

J’en ai assez! Mais je dois tenir le coup et le cou aussi!

Mais retraçons mon parcours de 11 mois de galères…

25 janvier 2008: je rentre de mon travail en voiture. Pour une fois, je pars à 16h… je suis à 16h 15 sur l’A86… Je me suis trouvée  maintes fois dans des situations plus dangereuses: pluie, vent…

Mais là, rien de spécial à signaler: sauf un type qui ne tient pas les distances de sécurité. En général je me sauve, mais là je ne réagis pas assez vite. Un ralentissement devant moi, je freine et le type derrière moi ne freine pas ou trop tard…

Je m’arrête sur le coté complètement sonnée…

Je me dis que peut être le type va se sauver… Je ne sais pas pourquoi. C’est ça qui me traverse l’esprit!

Je jette un oeil sur sa voiture: c’est sûr il ne peut pas se sauver: sa voiture est défoncée!

Il me demande si ça va…

Oui ça va, il faut que je tienne le coup!

J’appelle mon ami pour rédiger le constat… Moi j’en suis incapable: complètement sonnée…Il se fait accompagner. Je suis incapable de ramener la voiture. Je lutte pour ne pas perdre connaissance…

Puis direction les Urgences…

Six heures d’attente… Diagnostique d’entorse cervicale… Le doc veut m’arrêter, moi pas question… Il m’arrête quand même trois jours, avec obligation, avant de reprendre mon travail de voir mon médecin traitant. Avec ça, minerve à porter jour et nuit me dit il, antalgiques et anti inflammatoires…

Moi je pense que ça va aller…

 1er  mois  :

En fait ça ne va pas du tout! La douleur ne cesse d’empirer… Monte, m’irradie de partout dans le dos… Douleurs au passage de la ceinture, cou et tête… J’ai l’impression d’avoir une corde accrochée à mon cou et d’avoir à tirer une tonne derrière moi.

Le médecin m’arrête quinze jours, puis quinze encore, aucune amélioration bien au contraire… Les anti- inflammatoires me brûlent l’estomac… L’enfer commence…

Le 4 février, un dimanche soir, je n’en peux plus. J’ai trop mal !  Nous allons aux Urgences, dans un autre hôpital. Peut être que là ils vont pouvoir calmer cette douleur que je ne maîtrise plus!

On me répond que je ne suis pas une “Urgence”, que je ne suis pas proche de la mort. Je les supplie de m’aider: ils me renvoient  avec du di- antalvic…

C. Sebire demande que l’on abrège ses souffrances. Moi aussi…

Je glisse…

Les gestes les plus simples de la vie quotidienne sont devenus extrêmement compliqués : Donner le bain de mon fils, me pencher pour ramasser quelque chose, me déplacer, laver mes cheveux… Impossible d’aller chez le coiffeur !

Me pencher vers l’avant me procure une sensation horriblement désagréable et terriblement douloureuse. Je me souviens plus particulièrement du bain de mon fils : il faut mettre le bouchon de la baignoire, installer le tapis de bain, l’essuyer ensuite. Un véritable calvaire pour moi  Le bain a bien sûr lieu en fin de journée, moment où la douleur est au plus haut. J’ai la sensation de  tanguer, je claque des dents, je tremble,  je transpire. Mes enfants assistent à ce spectacle désolant, impuissants, qui se répète maintenant tous les jours.

La douleur est telle que j’ai véritablement la sensation de chavirer, de « tourner de l’œil ». Je lutte pour ne pas crier, pour ne pas pleurer… Pour ne pas chavirer pour de bon, je fais les 100 pas le soir dans le salon, c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour lutter.

Lorsque je sors en voiture, je suis accrochée à la poignée dès que l’on passe une bosse, alors ne parlons pas d’un dos d’âne ! Je mets ma minerve pourtant mais la douleur est si forte que je ne sais quelle position trouver pour tenter de l’éviter…

Sur les conseils de mon père, je retourne voir notre ” médecin de famille”, plus loin de mon domicile que l’autre mais au moins qui me connaît depuis que je suis petite. Celui qui sait que dans la famille, quand on dit qu’on a mal, on a vraiment mal…

Il prolonge l’arrêt, renforce le traitement et m’envoie chez une rhumatologue.

2ème mois La cata !

J’attends ce rendez vous avec beaucoup d’impatience.… Je souffre. La douleur me porte au cœur et je lutte toutes les fins de journée pour ne pas chavirer..;  Elle monte au fur et à mesure… J’ai la sensation que l’on m’étrangle… C’est insupportable…Elle regarde mes radios, me donne décontractants musculaires, anti- inflammatoires, antalgiques. Et séances de kiné. « Pourquoi n’avez- vous  pas commencé la kiné » me dit elle ! Et d’ajouter : ” Attention, il ne faut pas s’arrêter de travailler trop longtemps sinon la dépression vous guette… Vous n’avez pas des petits soucis en ce moment car quand on a des soucis, on a douleurs au cou?!”

Mais de quelles douleurs parle t elle celle la! Je lui parle de douleurs de dingue moi. Celles qui font qu’on devient dingue! Je ne peux plus porter ma tête !

 Je la supporte juste  posée! Et encore! Mais dès que je dois la porter  c’est l’enfer!

Je ne tiens plus mon cou, je ne tiens plus le coup !(Conseil de la pharmacienne : appliquer du chaud. J’achète “nexcare” que je place au micro onde! C’est sensé m’apaiser. Je m’assieds dans le canapé, pose ma tête sur des coussins et applique cette poche de gel chaud. Je ne supporte pas le simple poids de ce “nexcare” sur mon cou!)

Je sens les larmes qui montent: la dépression ou la colère? Bref je ressors dépitée de ce rendez vous. Non décidemment, ce n’est pas elle qui me sauvera… Mais qui donc m’aidera ?…Le traitement qu’elle me donne me fait perdre 3 kilos. Je continue à sombrer…. Je me rends compte que je ne supporte pas le décontractant musculaire prescrit. Moi qui n’ai jamais pris un traitement médical de ma vie  jusqu’au bout, là, il n’est pas question d’arrêter quoi que ce soit. Je ne peux pas fonctionner sans cette béquille médicamenteuse, aussi mal adaptée qu’elle soit. J’’ai trop mal.Le 17 mars, presque deux mois après mon accident, j’obtiens un rendez vous par connaissance chez un chirurgien orthopédiste; peut être que lui va m’écouter, comprendre l’origine des douleurs qui m’assaillent. Pour lui, première constatation, je n’ai pas les examens qu’il faut: Je dois effectuer des radios dynamiques, en flexion et en extension et IRM.

 Je lui demande si l’origine de mon mal est psychologique? Il me répond qu’il faut faire et voir les examens appropriés; là il ne peut rien dire…

Je ne suis pas en bon état physiquement : j’ai beaucoup maigri. Il le voit et me donne aussi un traitement de cheval pour que j’évite le trou à l’estomac. Les anti- inflammatoires depuis deux mois le malmènent. Au niveau de la douleur, il me donne aussi quelque chose de plus fort… (efféralgan codéiné)

Je réussis , avec six à huit eff/ cod par jour à diminuer l’intensité de la douleur. Mais pour moi, ce n’est pas satisfaisant. Je sens bien que cela ne me calmera pas longtemps… Pour l’instant, l’intensité est relativement moins forte, mais on ne me soigne pas…

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Radios dynamiques effectuées le 19 mars 2008, quasimment deux mois après l’accident!…

Parenthèse pour évoquer ma première expertise médicale: assurance du travail.

Convocation: expertise: première. Je vais faire connaissance avec ce monde trouble.

Pour moi, je vais voir un médecin, enfin,  un qui a dû voir des milliers de cas comme moi. Il va pouvoir m’orienter afin que je sache ce qu’il y a à faire! Pour que je m’en sorte.  Je me trompe…  Bien sûr, je me fais conduire car c’est à l’autre bout de Paris et que j’en suis incapable. Ma tête ne tourne plus et mon cou ne la  porte plus ; de plus, la minerve est interdite au volant. Mon ami ne m’accompagne pas lors de l’examen…

Il préfèrera rester dehors…Il ne sera présent qu’à la fin, pour entendre le verdict.  Et le rhumatologue en profite pour me bouger la tête dans tous les sens, pour me dire que je peux continuer à enchainer les arrêts maladie comme ça longtemps, de m’appuyer sur ma colonne cervicale ce qui me provoque une montée de larmes, tellement j’ai mal…. Et de me dire:” vous voyez vous êtes en train de faire une dépression, allez enlevez votre minerve et allez bosser ça suffit!” Et moi de sanglotter… (Je voudrais bien si vous saviez)…  Ben oui Monsieur, avec plaisir, mais je ne peux pas ! Je suis dans l’impossibilité de le faire. Je ne porte plus mon cou ! Je dois  poser ma tête pour que la douleur soit  à peu près supportable alors comment aller travailler ? Dites le moi ? J’hallucine.

Ok je suis dépressive, je ne veux pas aller bosser mais je me demande pourquoi? Je fais un job que j’adore et je ne le lâcherai pour rien au monde… Oui j’ai des soucis, comme tout le monde mais bon. Que m’arrive t il? Je ne suis jamais malade et même si je le suis, ça ne dure pas plus de deux jours… J’ai fait du sport en compétition, je me suis déjà fait mal mais là!…. Un truc de dingue! Je rentre chez moi, dépitée…

Je passe sur l’ambiance familiale… Au plus haut…  Je pense que dans ces cas là, l’entourage ne peut plus aussi discerner la part de réel et la part de comédie. Il me semble que je passe aux yeux de celui-ci, à ce moment là, comme une « joyeuse simulatrice » à force d’entendre des choses de ce genre ; ce qui ne m’aide guère, me fait éprouver un immense sentiment d’injustice et m’enferme dans une solitude incommensurable… 

Parallèlement à tout ça, je débute des séances de kiné. Je  vois le kiné une première fois, lui montre mes radios et me dit que j’ai pris un sacré coup, c’est le cas de le dire. Mais bon, je lui fais confiance, il a l’air de connaitre son boulot. Quand il me récupère, je suis enfermée dans un carcan jusqu’au niveau de la taille. J’ai tout le haut, au dessus  de la ceinture en béton armé. Tout est archi contracté, c’est de ma faute, dixit la rhumatologue, j’aurais dû aller chez le kiné plus tôt. Le doc disait lui qu’il ne fallait pas toucher! Bref! Mettez vous d’accord les gars ! Lors de la deuxième séance, il “bidouille” en haut du cou, sur la tête et me fait faire des étirements. Sensations “géniales” sur le moment puis pendant 3 jours vertiges et nausées renforcés. Ils étaient déjà présents, mais là, c’est puissance 10000. Je ne tiens plus debout. Génial. Mais ce doit être psychologique…Je lui apporte ensuite les radios dynamiques effectuées à la demande du chirurgien orthopédiste. Apparemment, il comprend mieux que je tangue… Il y a une instabilité cervicale C4C5 et d’autres “petites choses” encore. C’est bien ça cette douleur folle! Plus ensuite toutes les douleurs musculaires, ligamentaires et autres… 

Il n’y a pas rien et ce n’est pas psy très chers docs!  Faites de la médecine et non de la psy svp! Laissez les faire leur boulot…J’apprendrai ensuite, en farfouillant entre autres sur internet, que mon cou a subit une force égale à 35 fois mon poids à cette vitesse là, soit une force de 1925 kg.

Là, c’est de la technique. Je ne travaille pas, je n’en suis pas capable. Je dois me tenir allongée plusieurs heures par jour pour souffler, afin de baisser l’intensité de la douleur. Sur une échelle de 10, elle est à 10… Je tiens cependant, pour finir l’année, reprendre mon travaille début mai. C’est ce que je fais, sachant que ça ne va pas. Mais bon, ça va aller…!

« Allez enlevez votre minerve et allez bosser ! »

Une amie m’accompagne tout ce mois car je sais que ce n’est pas prudent de conduire dans mon état: je ne peux toujours pas tourner la tête. Embêtant en voiture!

C’est un peu mieux mais ce n’est pas encore ça. La douleur aussi m’accompagne… Chouette copine…

Expertise médicale: deuxième.

Cette fois ci, c’est l’assurance de la voiture.

Charmante rhumatologue qui ne comprend pas que je sois encore dans cet état. C’est soit psychologique: « Vous devez avoir de gros soucis”,  soit c’est à cause de mon état antérieur: ma colonne était en mauvais état déjà. Et j’ai de l’arthrose. A 40 ans, apparemment, ce n’est pas normal…!

C’est pour cela que j’ai si mal…

Ah ok!

Avant l’accident, j’assurais parfaitement à mon boulot, allais à la gym deux fois par semaine et courrai mes dix kilomètres samedi et dimanche. Trop dingue!

 Et puis il faudra que je pense à me faire manipuler si ça continue dit- elle…

J’en ressors dépitée; ça va s’arrêter quand?

Je reprends mon travail, continue les séances de kiné au lieu d’aller à la gym ( qui sont au nombre de 4 par semaine) et ne cours plus le week- end… Mon but à présent est seulement de tenir mon cou, de récupérer…  j’avais bien compris qu’il fallait que j’apprenne à me séparer de la minerve ce que je faisais déjà avant d’ailleurs. La sensation d’étranglement était telle, déjà sans, que je ne pouvais pas la porter sans arrêt et encore moins la nuit.

Et ce fameux dilemme : il ne faut pas porter de minerve selon certains médecins, selon d’autres il faut la porter.

Objectivement, j’ai fini par faire selon ce que mon corps me dictait : la porter parfois pour soulager une partie de la douleur et me protéger lorsque j’étais en présence d’enfants à mon travail ; l’oublier pour ne pas perdre trop de muscles.

Au niveau de mon travail, je me dis qu’en posant une journée de congé par semaine, je tiendrai le coup et le cou… Et les vacances sont fin juillet…

En juin, je tente le tout pour le tout. Je me rends à Paris chez un ostéopathe qui se dit spécialiste des entorses cervicales. Je veux y croire. Je prends des jours de congé. Je me rends sur Paris. Il faut que ça fonctionne. Je vais à quatre rendez vous. Le premier, il me fait une manipulation car j’ai terriblement mal du coté gauche, encore plus que d’habitude. J’ai le sentiment qu’il me décoince quelque chose sur le coup, mais après, les douleurs reviennent, plus fortes encore. Les autres rendez vous, je lui demande d’y aller doucement. Cela ressemblera plus à des massages qu’a un travail quelconque. Après il part en vacances, ça tombe bien…

Commençant à bien connaître mon corps, je décide de me rendre aussi chez mon dentiste. Car j’ai le sentiment qu’une douleur s’est rajoutée encore. J’ai si mal que je n’arrive plus à discerner si c’est mon cou, mes gencives, mes dents. Il regarde mes dents, ne comprend pas bien et me fait des radios avec bien sûr, toutes les précautions qui s’imposent lors de l’examen : mon cou est juste posé, surtout pas en extension et il se débrouille. (Merci à lui !)

Je passe des radios. Verdict : une dent est nécrosée. C’est bien cette douleur qui s’ajoutait. Il me dit que j’ai dû avoir un sacré choc sur cette dent là pour qu’elle soit dans cet état.

Nous pensons bien sûr à l’accident. Mes dents ont dû s’entrechoquer fortement et provoquer la nécrose de l’une d’elle.

Cette douleur là sera réglée de façon quasi immédiate ! Merci !

Sauf que, pour le reste, c’est toujours l’enfer. La douleur est toujours la. Je me coince de tous les côtés…

Je sens bien que ça ne va pas. Je fais toujours bonne figure, effectivement mon « mal » n’est pas visible.

J’obtiens un rendez vous mi juillet auprès d’un  médecin du sport réputé.

Six mois après l’accident :

Pour moi, il représente l’ultime solution  avant les vacances qui se profilent… pas très gaies.

Il regarde mes radios;  je comprends très vite qu’il ne va rien faire pour moi, lui aussi. Il n’est pas fichu de les  lire correctement. Un de plus. Les larmes coulent le long de mon visage. Je lâche… Mon corps lâche.

Et lui aussi de me dire: vous faites une dépression, il faut vous soigner; 

Encore !… ça ne m’étonne pas que nous soyons de gros consommateurs d’anxyolitiques, nous les français… Je vais vraiment finir par faire une dépression s’ils ne me calment pas la douleur tous autant qu’ils sont!

Non j’ai décidé de tenir le coup à défaut de tenir le cou. 

Il m’oriente vers une psy, me donne de l’acupan 3 fois par jour (un vrai shoot que je ne commence même pas  tellement je redoute les effets… Morphine quand tu nous tiens…) et un antalgique à la codéine…

Il faut baisser l’intensité de la douleur, dit- il, comme ça je me décontracte et en gros ça ira après. Si j’ai mal, je me contracte, si je me contracte, j’ai mal et ça me procure de l’angoisse et je déprime…

Mathématique !

Il me dit même que je pourrais reprendre le sport cet été.

Je suis trop contente, je tente d’y croire…

Je passe un mois d’aout abominable. Difficile de profiter des vacances quand le simple fait de porter sa tête pose un problème.

Supporter les enfants est compliqué, l’incompréhension de l’entourage me laisse perplexe… Mon mal ne se voit pas… “Non je ne fais pas la gueule, je gère ma douleur comme je peux, laissez moi tranquille!”. Certains le voient, d’autres non.

La douleur enferme, isole.

Et surtout pas de kiné pendant un mois. Cela m’angoisse rien que d’y penser. Je sens bien par contre que ce kiné là est arrivé au bout de ce qu’il pouvait faire avec moi… J’ai récupéré de « bonnes » amplitudes, par rapport à ces derniers temps : j’arrive maintenant à tourner un peu la tête. Le coté gauche a toujours eu plus  de mal et est toujours plus douloureux que l’autre. Porter ma tête est toujours un calvaire. J’ai la sensation permanente que l’on m’étrangle, les muscles autour de mon cou me serrent. Pourquoi? Que se passe t il la dedans?

J’ai repris le travail. Je me demande comment je vais tenir cette année complète… Je ne voie pas d’issue.

J’ai à nouveau rendez vous avec le médecin du sport. Je lui raconte mes mésaventures de cet été. Il regarde mes radios, me dit qu’il ne voit rien, m’oriente vers un autre kiné et me dit: “regardez comment vous vous tenez, vous êtes raides comme un bout de bois, vous vous tenez comme ça” ( mimant mon attitude en haussant les épaules)!

(” Ben oui docteur, c’est pour ça que je viens vous voir non?”)

Je pleure encore!

Je fais une dépression!

 Il m’envoie voir la psychiatre ( sa femme à lui, dynamique comme moi a eu besoin à un moment d’anxiolytiques pour passer des moments difficiles! glurps! Encore! « ça arrive souvent à des gens dynamiques comme moi », il parait)  et demande quand même l’avis d’un chirurgien, spécialiste du rachis…

Il a raison, je vais voir la psychiatre, au moins pour vérifier que je ne suis pas en train de devenir folle !

 Avant de voir la psy, je vois le nouveau kiné. Je lui montre les radios, lui raconte un peu mon parcours. Je lui dis que je travaille, que j’ai mal.

Il me dit que le médecin du sport « se plante », qu’il n’y a pas rien. Il me dit aussi que si je ne me soigne pas, je vais devenir impotente. Je comprendrai plus tard que c’est le premier maillon (7 mois après l’accident) de la chaine qui va se mettre en place autour de moi et qui participera à me sortir lentement mais sûrement de mon calvaire.

Dans le même temps, je vois aussi le chirurgien. Il souhaite un autre avis. J’ai un rendez vous dans un autre hôpital avec un autre spécialiste. Cette piste ne donnera rien et tant mieux je pense. Je perdrais en mobilité et il n’est pas sûr que ce soit moins douloureux avec les suites post opératoires…

Et sinon je fais quoi ? Ben le chirurgien ne sait pas ! Il n’a pas d’acte chirurgical à poser alors au revoir madame !

Le 10 septembre, j’ai rendez vous avec la psychiatre. Je lui raconte mon histoire. Elle me dit STOP. Elle me dit qu’il faut que je me soigne. Il faut que je m’arrête de travailler et que je me soigne. Je lui dis que je me suis arrêtée trois longs mois déjà et que ça n’a rien donné. Je n’ai pas rencontré les bonnes personnes m’a-t-elle dit. Ce qui me rassure, c’est que je ne suis pas si folle que ça. Je pleure, je lâche, elle souhaite aussi que je prenne des anti- dépresseurs. Je refuse…

Juste le temps de m’organiser pour mon travail, d’annoncer mon nouvel arrêt… Super ! Que du bonheur !

Je vois la psy trois ou quatre fois en tout.

J’ai dû effectuer à nouveau des radios dynamiques mi septembre. Même si je ne suis pas spécialiste, je vois que rien n’a changé. Génial !

 Expertise dans le cadre de mon travail : deuxième ;

19 septembre 2008: 

Je suis à nouveau arrêtée depuis le 16 septembre. Cette fois ci, c’est pour vérifier que les soins prescrits et mon arrêt de travail sont bien imputables à l’accident et pour fixer un taux d’invalidité. 

Mais je ne veux surtout pas être invalide moi ! Je veux me soigner ! C’est tout !  Le rhumatologue regarde mes radios, s’aperçoit de la différence de hauteur entre le coté droit et le coté gauche de la mâchoire et me dit que rien que ça, ce n’est pas normal. I

l lit les comptes rendus.  Mon cas à l’air de l’intéresser, ce qui me touche. Il se risque même à me chuchoter un traitement, même si ce n’est pas sa mission. Il me suggère le laroxyl en gouttes, qui est un anti dépresseur à la base, mais qui donné à faible dose, est un décontractant musculaire et un anti douleur puissant ; il me conseille aussi d’effectuer des infiltrations au niveau des nerfs d’Arnold…  Je lirai plus tard son compte rendu sur lequel il notera que mon « arrêt de travail est injustifié ». Je parle ensuite du laroxyl à mon médecin traitant qui me le prescrira en gouttes et non en comprimés mais se dit réservé par rapport aux infiltrations.

Le 22 septembre, je me réveille dans la nuit (à 2h) avec des douleurs sur le flanc droit. Commençant à avoir « l’habitude » des douleurs qui m’assaillent et surtout d’en avoir plus qu’assez des médecins, je décide de patienter ! A 6 heures, je ne tiens plus ; je compose le numéro de SOS médecins.

e n’alerte pas mon entourage. J’en ai assez qu’ils me prennent pour une simulatrice. Au vue des différents symptômes, le médecin souhaite que je me rende à l’hôpital : il pense à des calculs ou à une infection rénale….

Mais il se trouve que ce matin là, j’ai rdv avec un rhumatologue très réputé de la région parisienne. ( Pourtant, je m’étais bien jurée de ne pas revoir de rhumato!) En expliquant brièvement mon calvaire au médecin et sachant que le rendez vous était à 9h30, il m’autorise après quelques négociations à m’y rendre. 

Arrivée là bas, pliée en deux malgré la morphine, le rhumato me reçoit: il regarde mes radios et c’est quand je lui dis que cet accident est arrivé en rentrant de mon travail que les choses se gâtent. “Ah les accidents du travail, ça dure toujours un temps fou, on ne sait pas pourquoi. Et vous avez été indemnisée? Puis vous savez, nous on n’est jamais payé…” 

Heureusement, je suis complètement shootée mais pas suffisamment pour laisser passer ou déformer ce que je viens d’entendre. J’ai bien entendu! 

ça continue, mais sur un autre registre. Je n’ai pas la force de me battre. Il décide de me faire une séance de mésothérapie, prend mon papier d’accident du travail et le déchire en me disant à nouveau que ça ne sert à rien, qu’il ne sera jamais payé de toute façon… Il ne sera jamais payé c’est sûr… Mais pour moi, c’est terriblement violent. Il me dit que ça ira. Ok je sais… Il me rappellera le soir quand je serais à l’hôpital pour prendre de mes nouvelles. Il me dit de prendre un autre rendez vous dans quelques mois si je souhaite une autre séance de mésothérapie.

J’obtiendrais un rendez vous pour le 2 décembre. Ayant retrouvé mes esprits et ne souhaitant finalement pas le revoir au vue de ses agissements et ses propos plus que douteux, je téléphone afin de décommander le rendez vous. 

Lui ou la secrétaire l’auront fait à ma place: quand je téléphone, le rendez vous n’existe plus… 

Hallucinant! 

Je me rends aux Urgences. Je suis prise en charge immédiatement.

Merci! Examens complets. Diagnostic de pyélonéphrite. Perfusion, antibiotiques, nuit à l’hôpital  et retour à la maison, complètement à plat (9 de tension) et encore 3 kg de moins… ( Je suis restée à jeun toute la journée au cas où je doive passer au bloc, la peur, l’inquiétude m’ont fait fondre). 

Vidée, je me sens complètement vidée. 

Complètement shootée aussi! Je ne sens plus mon cou, ça c’est déjà une bonne chose.

 En huit mois, c’est mon premier jour de répit! Il faut prendre le positif! Je profite de mon séjour à l’hôpital pour me sevrer de la codéine: et oui, je m’étais déjà aperçue que j’étais complètement accro et que si j’essayais de baisser les doses, j’avais des crises de manque! Absolument génial! J’en profite, au moins si je ne vais pas bien, l’hôpital s’occupera de mois! J’espère! Sevrage musclé mais efficace! Pour l’instant, je tiens avec les 6 di antalvic prescrits pour la pyélonéphrite, les anti- inflammatoires… Et surtout je suis couchée pendant une bonne semaine afin de retrouver des forces. 

Je me dis aussi qu’après ce traitement, j’entamerai le laroxyl! Mais APRES! Je n’en peux plus des médicaments!   Début octobre, je débute la prise du laroxyl en gouttes : dix gouttes le soir au coucher. Trois semaines plus tard, je commence à en ressentir les effets. La douleur a baissé en intensité. Je commence à « revivre » doucement. Le médecin souhaite que je vois à nouveau un rhumatologue… Je suis plus détendue, les effets du laroxyl y sont pour quelque chose… Il me prescrit quand même des séances de kiné avec la méthode Mézières et me dit que tout rentrera dans l’ordre tout doucement. Il me dit aussi de me soigner et de ne pas travailler pour l’instant… 

Je vois le 21 octobre mon médecin généraliste. Je pense avoir une grosse crise d’aphtes sur plusieurs régions du corps. En fait, c’est une crise d’herpès… Je n’en ai jamais eu de ma vie !…  Pour mon corps s’en est trop : il faut que ça sorte…   

9 mois après l’accident : le 24 octobre 2008 

Je suis à nouveau convoquée avec un autre médecin expert de l’assurance de mon travail.  Autant dire que je suis plus que tendue…  Le médecin lit mes radios, regarde les comptes rendus, m’examine doucement.  Elle nous dit : «  c’est très douloureux ce que vous avez eu, il va vous falloir encore beaucoup de temps pour vous soigner… Dès que vous le pourrez, d’ici un, deux ou trois mois, reprenez votre travail mais pas à temps plein. Pour l’instant ce n’est pas possible pour vous ! Mais dès que vous aurez moins mal, faites le car on sait par expérience que les arrêts longs ne sont pas bénéfiques en fin de compte pour les personnes…

 Avec un temps partiel, vous pouvez continuer à vous soigner tout en ayant une vie sociale… » Ces mots sont pour moi comme une délivrance. Je sens bien qu’avec la prise de laroxyl, l’intensité de la douleur a baissé et je commence à reprendre gout à la vie. Mais je suis encore beaucoup au repos. Je me suis bien mise en tête aussi que je retournerais travailler, ça c’est sûr mais pas à n’importe quel prix et surtout que je si j’y retournais, ce serait pour y rester et non pour m’arrêter à nouveau au bout de quinze jour. Ma décision est prise : je retournerai travailler sans attendre deux ou trois mois.

J’ai compris que pour l’instant, je ne pourrais pas retrouver le rythme de vie que j’avais avant l’accident. 

J’ai compris que je n’allais pas me lever le matin en me disant que je n’ai plus mal, que je suis guérie. 

J’ai compris qu’il me faudrait beaucoup de temps pour retrouver une vie normale.  J’ai compris qu’il fallait que je fasse attention à moi. J e pense avoir vraiment touché le fond et que là, enfin, je vais remonter peu à peu. Il faut absolument que je me protège des paroles et des agissements de certains médecins soit disant « experts ». Je reprends mon travail à mi temps le 10 novembre.

Dix mois après l’accident:  Toujours mes dix gouttes de laroxyl; du paracétamol ou du di antalvic en plus si ça tire encore vraiment trop! Mais c’est plus “confortable que ce que je vivais jusqu’à présent). Petite vie de “mémère”: sorties quasi nulles, travail à mi temps, kiné et kiné Mézières… Je me concentre à tenter de soulager ce cou. Programme de reconstruction, doucement… 

Mais nous stagnons à nouveau. Je sens que le kiné en a marre!  Moi aussi!  On n’avance plus. Je sais que ça va très doucement mais quand même…  J’ai toujours très mal au niveau des nerfs d’Arnold (ceux- là, je les localise bien!) et au niveau des muscles qui se trouvent devant et sur les côtés du cou. Dès que je fais le moindre” effort”, la douleur réapparait. L’intensité est moins vive, elle est plus supportable mais elle est omniprésente. Sur une échelle de 10, elle n’est plus à 10 mais tourne autour de 5/6. Et ça fait dix mois que ça dure. Il y a des jours oû je craque, j’en ai assez de vivre avec cette douleur en permanence. Elle ne me quitte pas. Ma tête n’est qu’une douleur… C’est toujours compliqué pour moi de porter ma tête…  Même si je ne suis pas médecin, je comprends très bien, c’est mécanique, que si ça a bougé là dedans et si ce n’est pas bien positionné, ça tire la ou il ne faut pas! Et en l’occurrence, sur ces muscles là… Le kiné me suggère d’aller voir un ostéopathe, mais pas n’importe lequel! Très doué parait il.

  Objectivement, j’en ai plus qu’assez de voir des incapables mais là, j’ai confiance en sa parole à luiIl me semble de toute façon que c’est ma seule chance d’espérer encore d’avancer…  Je prends rendez vous, trois mois d’attente, mais il me promet de me rappeler.

 11mois après l’accident:  J’ai rendez vous le 23 décembre chez l’ostéopathe et le 26 chez le rhumatologue mandaté par mon employeur. ( et le 22 décembre chez le kiné).

Joyeux Noel!  L’ostéopathe :Il passe un long moment à écouter mon histoire. Je lui dis que je vois un kiné traditionnel, un kiné Mézières. Il a cette parole très sage: ” Vous avez complètement raison, tout cela se complète…”Il regarde mes radios… Il m’explique pourquoi ça ne fonctionne pas…Il regrette que les médecins ne cherchent pas à trouver comment ça fonctionne avant de donner tant de médicaments…Moi aussi! La première séance est assez intense: ça a compensé de tous les côtés alors il a du boulot… Mais il me dit ne pas vouloir s’attaquer à tout en même temps… Pendant 4/5 jours je suis pleine de courbatures . Mais petit à petit, je me rends compte que j’ai gravi une nouvelle marche… Je dois le revoir encore plusieurs fois…  Le rhumato:   Je suis accompagnée par ma fille de 14 ans. Point de détail non négligeable: il lui prie de ne pas entrer lors de la consultation. Y a t il une raison …légale? 

Il fait le point sur sa mission, fixer un taux d’ipp, invalidité… Il fait le point sur ma situation, semble vite être agacé. Je lui parle de la kiné Mézières, de l’ostéo et du kiné. “Mais ils ne sont pas médecins ceux la?” Non ils ne sont pas médecins et alors? Ils ont cherché à voir ce qui se passait, ce qui fonctionnait mal et m’ont soutenu sur ce chemin… Et en plus, ça a l’air de fonctionner mieux que tout ce que l’on m’avait proposé jusqu’à maintenant! Pourquoi il y a un problème??? Il fait celui qui sait tout, mais en fait il ne sait rien… Il me dit que je peux augmenter le laroxyl.  Jusqu’à 100 gouttes, que ce n’est pas un problème… Il me demande aussi si je préfère qu’il fixe le taux maintenant ou que l’on attende… Là il sera plus important certainement que dans trois ou six mois… Et qu’il pourra toujours être remis en question, dénoncé si l’on me voyait gambader… C’est à moi de voir… Il me demande aussi ce que mon employeur paie au niveau de mes soins… Pas de chance, « seulement » la kiné traditionnelle… L’ostéopathe et la kiné Mézières, c’est moi… Concernant sa question précédente, je lui réponds : «  faites votre boulot monsieur, au revoir… »  Provocations, intimidation, les deux peut-être… Quel intérêt ? J’ai déjà à me battre avec la douleur, pourquoi en rajouter ?